Sur l’air de Zhegutian · Plusieurs soirs à la lampe, à essayer d’écrire ; inachevé
Certains soirs, devant le rideau, nous taillions ensemble la mèche ;
toute une vie racontée, et de nouveau c’était la troisième veille.
Raconté depuis le début, raconté jusqu’au bout — la moitié restait encore.
Que la nuit s’approfondisse ; que l’encre se fige d’elle-même sur la pierre à encre.
Les mots s’amenuisent. La rosée commence à tomber.
Une seule phrase demeure, et elle refuse de s’éclaircir.
Encore et encore, la pointe du pinceau remonte noire ;
quand l’encre est la plus dense, les mots ne se font pas.
Ombre du rideau, plusieurs nuits de longues conversations ;
la première rosée mouillant la balustrade.
Les mots inachevés — le souffle s’apaise d’abord.
Au plus profond du rêve, sans rien percevoir ;
la lune levée, la nuit presque finie.
Un autre jour, le lourd rideau tombera jusqu’au sol,
tombera exactement comme autrefois.
Une main près de la lampe, tournant plusieurs fois.
Demain le vent peut se lever ;
pour l’instant, ferme bien la fenêtre.